Le stratagème désespéré de Red Bull pour interdire l’aile « Macarena » de Ferrari

Le stratagème désespéré de Red Bull pour interdire l’aile « Macarena » de Ferrari

15 juillet 2026 Non Par Bernard Boyer

La saison 2026 de Formule 1 a été définie par l’aérodynamisme actif, et aucune innovation n’a été plus polarisante que l’aileron arrière radical et rotatif « Macarena ». Mais après avoir vu Max Verstappen s’écraser violemment lors des Grands Prix d’Autriche et de Grande-Bretagne en raison de pannes d’aileron arrière, Red Bull Racing aurait tenté de supprimer l’ensemble du concept avec eux.

Selon un rapport technique de Formule TechniqueRed Bull pousse activement la FIA à mettre en œuvre une interdiction générale sur toutes les ailes « de style Macarena » si l’instance dirigeante décide d’interdire la conception spécifique de Red Bull.

Il s’agit d’un jeu politique classique de Milton Keynes : s’ils ne peuvent pas concevoir une version sûre du truc, ils ne veulent pas non plus que Ferrari le fasse fonctionner.

L’anatomie d’un échec

Pour comprendre pourquoi Red Bull fait soudainement pression sur la FIA, il faut regarder les différences mécaniques fondamentales entre les deux concepts. Les derniers schémas techniques illustrent exactement pourquoi le design de Ferrari fonctionne et pourquoi le design de Red Bull représente actuellement un énorme handicap.

Les deux ailes sont conçues pour se retourner entièrement afin d’éliminer d’immenses quantités de traînée dans les lignes droites – une brillante exploitation de la réglementation aéronautique active de 2026. Cependant, la géométrie d’actionnement est complètement différente.

Le SF-26 de Ferrari utilise un actionneur latéral qui fait tourner le volet dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Lorsque Charles Leclerc freine, l’appui aérodynamique naturel aide l’aile, la repoussant dans sa position fermée et permettant au flux d’air de se rattacher rapidement.

Le RB22 de Red Bull, à l’inverse, utilise un actionneur monté au centre qui pousse le volet dans le sens des aiguilles d’une montre. Au moment de fermer, l’aile de Verstappen est obligée de se battre contre la pression aérodynamique massive. Ce retard laisse l’aile complètement décrochée pendant une fraction de seconde, provoquant une perte instantanée et catastrophique de l’appui arrière. C’est précisément ce décrochage aérodynamique qui a propulsé Verstappen dans le gravier du Red Bull Ring et de nouveau dans le virage à grande vitesse de Copse à Silverstone.

Le stratagème politique désespéré de Red Bull

À la suite des accidents consécutifs de Verstappen, la FIA a lancé une enquête approfondie sur la sécurité du temps de fermeture obligatoire de 400 millisecondes pour ces volets actifs. À l’approche du Grand Prix de Belgique ultra-rapide à Spa-Francorchamps – une piste où ce système de réduction de traînée est pratiquement obligatoire pour un temps au tour compétitif – Red Bull sait qu’il est en sérieuse difficulté.

Ferrari a conçu une solution brillante et stable qu’ils ont utilisée sans problème. Mais Red Bull a conçu une imitation agressive qui met actuellement en danger son pilote vedette. Exiger une interdiction générale de la FIA n’est pas une question de sécurité dans les paddocks ; il s’agit de neutraliser un énorme avantage Ferrari que Red Bull n’a tout simplement pas trouvé comment reproduire en toute sécurité.

Heureusement pour la Scuderia, les initiés du paddock considèrent actuellement la pression de Red Bull en faveur d’une interdiction générale comme très « improbable ». Si Red Bull ne parvient pas à réparer la mécanique de ses actionneurs avant la Belgique, ils pourraient être la seule équipe de pointe obligée de garer l’aileron de la Macarena.